20 novembre 2017

Cachaça

Photo JD.
Venons-en aux choses sérieuses de la vie. En me versant à l'instant les deux derniers doigts de la dive bouteille de Cachaça ramenée bien poétiquement de Bahia la chaude noire, en février 2008, au temps de Lula, je constate à mon corps défendant que ç'a pris quasiment dix ans, neuf ans et neuf mois! pour siroter à petites lampées swoui swoui les 670 ml d'eau-de-vie de jus de cannes à sucre à 42 % d'alcool et de bord en bord imbibés de samba. La conclusion coule de source par le goulot des tintinnabulantes inventions qui réchauffent le dedans à l'approche du long hiver : on ne peut pas dire ici boire comme un trou! En seulement, ce pendant, entre deux « vers », il m'arrive d'oublier longtemps... Il est certain que je rangerai la bouteille à la poussière des souvenirs. Que le Panurge de Rabelais ne me garde pas rigueur d'avoir sauté la clôture du divin.




17 novembre 2017

Serge Bouchard, l'essentiel contemplatif

Serge Bouchard, anthropologue, écrivain, homme de radio, un homme que l'on aime et admire nous confie avec son ironie à la Jankélévitch avoir beaucoup de millage dans le corps, mais souhaiter néanmoins apprendre à réussir sa vieillesse. Magnifique entretien entendu hier dans mon char sur la route du retour de la campagne, au micro de Marie-France Arsenault de Plus on est de fous, plus on lit, diffusé devant public au Salon du livre de Montréal.

Serge Bouchard vient de recevoir le Prix du Gouverneur général pour Les yeux tristes de mon camion (Boréal, 2016).  Il publie en collaboration avec sa compagne de vie Marie-Christine Lévesque son 21e ouvrage, Le peuple rieur (Lux éditeur), une histoire au je de la nation Innue qu'il fréquente avec tout son coeur sans interruption depuis ses jeunes années d'anthropologue.

http://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/plus-on-est-de-fous-plus-on-lit/segments/entrevue/47254/questionnaire-serge-bouchard-anthropologue

Le peuple rieur

Pour la philosophie libre!

De la philosophie au Québec, jadis baguette ancillaire de la religion, à la philosophie libre et en mouvement qui critique les diktats actuels de l'économisme mur à mur. À cet égard, en la journée mondiale de la philosophie, le texte collectif qui suit souligne la tradition d'à peine 50 ans de l'enseignement de la philosophie au Québec à tous au collégial. Comme l'écrivait Françoise David dans De colère et d'espoir, le Québec a certes réussi la démocratisation de l'éducation lors de la Révolution tranquille, mais la démocratisation de la culture reste pour une large part inaccomplie. C'est là un enjeu vital pour renverser la société en dépression qui gaspille et épuise les ressources communes, pour soigner les blessures profondes causées par le système et ses disparités qui broient l'humanisme des communautés en privilégiant all the way le formatage et la multiplication des consommateurs plutôt que de tout mettre en oeuvre pour élever des enfants afin qu'ils deviennent des femmes et les hommes libres. Or, il faut en effet le souligner, la philosophie, libre du poids des puissants et de leurs spectaculaires haut-parleurs, interpelle, tente de provoquer dans la cité l'exercice du dialogue, la construction collective du sens, catalyse avant tout la transmission aux jeunes de cette part de la culture qui depuis Socrate, invite à l'étonnement, à l'interprétation, au jugement raisonnable, à l'action éthique, à la vibration des savoirs, à l'imagination, au souci de soi et des autres, au bonheur, à l'amitié, au cheminement éclairé, ou pour le dire autrement selon la belle formule de Jean-François Malherbe, convie diversement à " devenir soi ensemble ". Voici un très beau texte avec beaucoup d'allant qui ne cache pas son inquiétude du temps présent. Pour ma part, ce " tronc commun " au CEGEP a changé ma vie, plus bien sûr l'élan de quelques camarades, essentiels contestataires et bons vivants.

http://www.ledevoir.com/societe/education/513094/journee-mondiale-de-la-philosophie-feux-d-artifice-ou-chant-

du-cygne

https://fr.unesco.org/events/journee-mondiale-philosophie

13 novembre 2017

René Lapierre reçoit le Grand Prix de la Ville de Montréal

Bravo! Très, très heureux!
Un recueil auquel je tiens.

" Seuls et seules
nous sommes.
Nos corps sont seuls.
Seules nos voix.
Mais nos souffrances
sont liées.
Je voudrais que nos joies
le soient aussi. "

" Je voudrais pouvoir enfin
vous dire tout, ouvrir
des temps inconcevables -
- des aubes
de bonté, des pluies fertiles.
Voyez. "

- Les adieux, Les Herbes rouges, 2017, p. 97, 406.

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1066936/le-grand-prix-du-livre-de-montreal-attribue-au-poete-rene-lapierrehttp://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1066936/le-grand-prix-du-livre-de-montreal-attribue-au-poete-rene-lapierre

Danse chez Tit-Guy



https://www.youtube.com/watch?v=GkvNWk8zma4

Leonard Cohen au New Yorker (17 octobre 2016).

Il y a un an, le grand Leonard Cohen nous quittait laissant au vent ses histoires d'amour.
Tant de fleurs autour.
So long Marianne.
http://www.newyorker.com/magazine/2016/10/17/leonard-cohen-makes-it-darker

Alain Deneault chez les Souverains anonymes

Via Mohamed Lotfi qui tient bravement le fort des Souverains anonymes et le micro partagé depuis trente ans avec son équipe des détenus de Bordeaux (émissions captées dès mon arrivée à Montréal, à l'époque les vendredis soirs à CIBL...). L'extrait sur la page FB de Mohamed montre un Alain Deneault en grande forme. La sincérité est de mise chez les Souverains anonymes. L'intégrale de la rencontre sur YouTube vaut le détour. Prendre le parti de tout dire, y compris parler de révolution. Révolution : rendre révolu ce monde épuisé qui craque de partout. Apprendre à s'aimer itou. Vraiment, selon mon humble avis, du point de vue dialogue à la puissance collective, la philo à son meilleur.
" J'ai décidé de tout dire. "

https://m.youtube.com/watch?v=Y27uqd28h8g&feature=youtu.be

12 novembre 2017

Peut-être bien que

Peut-être que la peau est country
Peut-être as-tu deux paires d’yeux
Peut-être que mon coeur est bleu
Peut-être n'avons-nous rien vu
Peut-être que vieillir ne veut rien dire
Peut-être qu'il n'est pas trop tard
pour faire nos papiers
Peut-être bien qu'il faut se soulever
Peut-être que les grands glaciers...
Peut-être m'as tu aimé quand j'ai craqué 
Peut-être que ce n'est pas une blague
quand le soleil dit bonjour aux montagnes.

Photo J. Desmarais, Sierra de Guara, Mallos de Jorge, Aragon, 6 octobre 2017.